jeudi 5 mai 2011

LE CINEMA AMERICAIN DES ANNEES 80 #37 - THE OUTSIDERS

Réalisé par Francis Ford Coppola - Sortie US le 25 mars 1983.
Scénario : Kathleen Roswell, d'après le roman de S.E. Hinton.
Musique : Carmine Coppola
Directeur de la photographie : Stephen H. Burum
Avec C. Thomas Howell (Ponyboy Curtis), Ralph Macchio (Johnny Cade), Matt Dillon (Dallas "Daly" Winston), Rob Lowe (Sodapop "Soda" Curtis), Patrick Swayze (Darrell "Darry" Curtis), Emilio Estevez (Keith "Two-bit" Mathews), Tom Cruise (Steve Randle), Diane Lane (Sherri "Cherry" Valance), ...
Durée : 91 mn.

L'Oklahoma, dans les années 60. Deux bandes de jeunes s'affrontent continuellement. D'un côté, les Greasers, issus des quartiers pauvres. De l'autres, les Socs (ou Socials) représentent la jeunesse respectable, propre sur elle et issue des quartiers riches. Au cours d'une rixe, Johnny Cade, un Greaser, tue accidentellement un Soc pour protéger son ami Ponyboy. Les deux adolescents quittent la ville pour se réfugier dans une église abandonnée en pleine campagne, ...


Le film d'une génération. Le réalisateur du PARRAIN et d'APOCALYPSE NOW offre une adaptation flamboyante et passionnante du best-seller de S.E. Hinton et aligne un casting de jeunes talents prometteurs comme on en a rarement vu par la suite.
Chronique adolescente et sociale, réflexion sur le destin et les promesses de la jeunesse, drame sensible, THE OUTSIDERS revisite les teenage movies des drive-in pour livrer un message intemporel. Tout au cours du métrage, Coppola s'attache à faire surgir les fêlures et les aspirations de ses jeunes personnages qui valent bien mieux que les stéréotypes qu'ils exhibent en public, convention sociale qui les emprisonnent au quotidien. Sous les blousons de cuir, les surnoms et le comportement braillard des Greasers, une profonde mélancolie se fait jour, la peur d"un futur que leur condition leur impose. Greasers et Socs ne semblent exister que pour s'opposer et se conformer à un schéma comportemental qui n'a aucun sens. Un premier pont, au début du film, s'opère par le biais d'un personnage féminin, la belle Cherry qu'incarne Diane Lane. Aux cours d'échanges de regards magnifiques et fragiles, Ponyboy et Cherry, Greasers et Socs, comprennent qu'ils ont plus en commun qu'ils ne pouvaient le soupçonner. Cette romance, qui n'en est pas vraiment une, est brutalement stoppée par une agression révoltante (plusieurs Socs tentent de noyer Ponyboy) et un meurtre par auto-défense. La scène tord le cou à un cliché. Ce sont les riches qui agressent les pauvres, en surnombre. Et le sauvetage de Ponyboy par son meilleur ami Johnny révèle, par sa conclusion tragique, un malaise profond. Comme si le destin s'acharnait sur Johnny et Ponyboy. 
L'exil qui va y faire suite ne va faire que renforcer la transformation (physique pour Ponyboy qui change de couleur de cheveux) et la singularité du duo. Arrachés à leur milieu, les Greasers ne sont plus écrasés par les conventions. Ils peuvent à nouveau se permettre d'êtres des adolescents capables de rêver à un avenir meilleur. Ils peuvent prouver au monde qui les entoure qu'ils sont autre chose que des bons à rien, des troubles-fête. En sauvant des enfants d'un incendie au péril de leur vie, ils s'offrent une rédemption et une seconde chance. Avant que le dernier acte ne fasse retomber sur leurs frêles épaules le poids du destin et de la société.



Mise en scène en état de grâce, interprétation inoubliable et émotions à fleur de peau font tout l'intérêt de l'une des œuvres les plus intimiste et mélancolique de la filmographie de Coppola. THE OUTSIDERS est une ode à la jeunesse, triste et sincère, entre rêves et désillusions.

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